Sur les pas des nomades

La Mongolie n’était pas un pays où nous avions prévu de pédaler. En effet c’est loin de tout et une fois arrivé « là-haut » il faut bien en redescendre ! Pourtant en voulant éviter la mousson en Asie du Sud-est et en Chine on s’y est retrouvé. Pour nous trois la Mongolie occupait une belle place dans notre imagination… pays vaste, terre de nomade et de cheval, nous n’avons pas été déçus ! On a été content d’avoir eu plusieurs expériences et de rencontrer une des cultures les plus remarquables de notre voyage… y revenir ? Oui ! Mais à moto peut être..

Après deux semaines de vélo depuis Pékin ou nous nous arrivons à Zamia uud et là c’est une première : passage de frontière non autorisé à vélo ! Déjà ça ne nous rend pas très heureux, mais quand en plus on apprend qu’il faut payer 15 € chacun pour « louer » un pick-up pour passer de l’autre côté ça nous achève ! On économise tous les jours, on choisit un paquet de pâtes à 3,5 yuans au lieu de 4 pour économiser 15 centimes d’euro et puis voilà ! Ah bah ciiimer comme dirait Charlo !
Du côté mongol nous allons prendre le train pour rejoindre la capitale et faire une extension de visa (nous aurons 60 jours au final, de quoi ne pas se presser). Train de nuit, couchette et the offert… c’est super basique, mais pour nous on se croirait sur le transsibérien façon Agatha Christie — 5 étoiles après notre expérience de train en Chine (36 h assis) !


Oulan Bator, la capitale. Vu de la Chine c’est modeste et ça donne une bonne idée de ce que sera la Mongolie : un pays d’une superficie trois fois supérieur a celle de la France, mais est 22 fois moins peuplée! …. (plus en bétail d’ailleurs qu’en humains !).
Nous y restons deux semaines à attendre que nos visas chinois soient délivrés (on prévoit pour dans deux mois, car on ne peut les avoir qu’à la capitale et une fois parti à l’ouest nous ne reviendrons pas !). Les Français sont nombreux à visiter la Mongolie… plus que n’importe quelle autre nationalité, on y rencontre plein de gens sympas.

Pour notre trek à cheval nous voulons rejoindre la vallée de l’orkon. Avec un visa de « seulement » 60 jours (oui on vous entend crier au scandale, « 60 jours, c’est enooooooorme ! ») il nous faut faire des choix et nous décidons de rejoindre kharkhorin en bus.
On arrive au terminal de bus en espérant qu’ils accepteront nos vélos et qu’on paiera le prix normal (30 000 tugriks) quand un homme nous interpelle en nous demandant où on va… Kharkhorin, on répond. Parfait dit-il allez monter dans ma voiture. Euh oui, mais non en fait ! Les vélos. Et puis quel prix ? 30 000 pour les trois et les vélos sur le toit allez c’est parti ! Bienvenue en Mongolie ou tout est possible… bon nous ne sommes pas dupes, le mec nous a bien serré la main, a bien écrit son nom sur un papier disant que l’on paierait 30 000T pour Kharkhorin on sait bien que c’est trop beau pour être vrai. Mais on part quand même, content de voir qu’au moins lui n’a pas eu peur en voyant les vélos, ce qui nous arrive toujours avec les transports ! Arrivés à la station-service à 5 km en dehors de la ville, c’est le moment que l’on attendait. Il nous demande 100 000T alors que le plein lui a coûté 55 kT (bien plus d’ailleurs que les 30 kT que l’on devait soi-disant payer !) ! Non on ne veut pas. En négociant on paie 80kT et c’est reparti, nous sommes content du prix, mais on se demande comment lui peut faire son beurre, car son plein il va l’utiliser rien qu’avec l’aller !

On reprend la route pour le centre de la Mongolie Tosontsengel (surnommé le point le plus froid de la Mongolie) le voyage comme on l’aime – beau temps, repas au resto chaque jour, campement n’importe où et bon asphalte.

 

Allier la grandeur du pays avec notre mode de transport « lent », les 60 jours de notre visa nous paraît bien courts ! Nous décidons donc de prendre un mini bus pour éviter une partie de pistes sur 350 km. Et là on n’est pas heureux ! Eh bien oui les voyageurs vagabonds ne sont vraiment pas à l’aise en transport en commun. Déjà au Pérou pour rejoindre un petit village en forêt tropicale Jo et Valentin avaient vraiment souffert, se retenant de vomir pendant 4h… et cette fois-ci nous embarquons pour 12h de trajet!!
Les 10 minutes suffisent, nous sommes tous les trois pâles et le pauvre Charlo essaie de rester poli avec son voisin qui lui montre des photos de ses petits-fils sur un smartphone… ça va être long ! Jo passe même 1 heure sur le toit du van parmi les bagages pour se sentir mieux, autant vous dire que tout le monde est bien amusé… sauf nous !


À mi-chemin nous changeons de van et de chauffeur et c’est bien mieux, car n’étant que 4, nous passons tous à l’avant, quel soulagement.
Malgré les chemins de sables, le chauffeur demande quand même si un de nous veut essayer de conduire (il est fatigué et nous dis que ça fait 32 h qu’il roule sans s’être arrêté… rigolo et flippant en fait!!). Ni une ni deux Charles accepte. Honnêtement il s’en sort plutôt pas mal, mais quand la piste se rétrécit et que les roues chassent dans le sable ça nous fait tous bien rire.
On sent que le chauffeur veut arriver et revoir sa famille, alors lui qui allait lentement pour ménager le van va de plus en plus vite et ça devient de Rock’n’roll… à la tombée de la nuit PAF… c’est l’arbre de direction qui se fend. On va camper sur place et on repartira demain matin à 10 km/h!!
Ce trajet nous aura pris presque 30 h et aussi long que ça puisse paraître nous avons gagné beaucoup de jours de vélo.

Désert de Gobi :

Retour sur les vélos, ici le paysage est bien diffèrent : finis les rivières pristines et les conifères nous sommes passé au désert. De grandes étendues, du sable et… des chameaux (ouais parce que maintenant on connaît la différence avec les dromadaires haha) ! Après à peine un jour sur ses routes chaudes, sableuses et venteuses nous manquons d’eau ! Après deux ans à voyager on a encore du mal à trouver le juste milieu entre avoir assez d’eau et ne pas se surcharger…

Desert de Gobi


En plus de ces difficultés, Charlo est malade ce qui n’arrange rien. Il a la diarrhée, venue de manière assez fulgurante, il n’arrive plus à pédaler et se déshydrate. C’est une situation que nous trouvons tous délicate, voire carrément merdique et flippante… car il nous reste encore une journée de vélo et seulement 1,5 l d’eau pour trois !


Comme souvent dans la vie, le destin nous sourit quand on en a le plus besoin et une moto (premier véhicule de la journée) passe et nous pouvons lui expliquer la situation. Il fera un aller-retour de 15 km pour nous apporter 5 l d’eau. Pour le coup ils méritent vraiment le titre de sauveur !
Cet environnement désertique nous suivra jusqu’à la frontière de la Chine, mais nous avons passé la partie la moins habitée, le reste sera plus facile.
Ces derniers 400 km se font sur une route belle et facile, nous essayons quand même de prendre notre temps et de profiter des Mongols, de leur cuisine et de la liberté de camper. En Chine, on le sait, tout sera différent !

Conclusion : On a adoré la Mongolie ! C’est unanime ! À vélo c’est magnifique, les gens sont curieux, honnêtes avec vous et ils ne vous regardent pas bizarrement : finalement nous ne sommes qu’une sorte de nomade, tout comme eux !
On a été content de revenir en Chine pour le luxe de la civilisation: le wifi, les belles routes, etc…. mais toute la beauté, la solitude et l’hospitalité que l’on a découvert en Mongolie c’est ce qu’un voyageur aime ! Alors oui, la Mongolie est dans le top 3

1 comment on “Sur les pas des nomades”

  1. eichhorn daniel Répondre

    Ce pays va vous laisser des souvenirs extraordinaires, bravo les amis de nous faire partager ces moments uniques.
    Quand on voit ces espaces déserts et que la plus part des humains se bousculent et se serrent dans des cités, des routes surchargées, des métros, on se demande quel aspect grégaire de l’humanité pousse la plus part à vivre serrés comme des sardines…?
    Profitez bien de vos derniers tours de roues.
    Pour Valentin; nous partons au Brésil semaine prochaine et serons de retour pour vous acceuillir à Nantes.

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