Le Sud de la Birmanie à vélo |Le rocher d’or

 

Il y a quelques années la Birmanie était encore dirigée par une dictature militaire, aujourd’hui ce n’est plus le cas et le pays a ouvert des frontières pour les touristes. En plus de ça nous avons décidé de faire le sud, beaucoup moins touristique que le nord. Nous ne savons donc pas du tout à quoi nous attendre.


23/01
Aujourd’hui nous passons à bateau la frontière située le plus au sud de la Birmanie, nous avons eu droit à notre première négociation de prix et ça n’a pas été une partie de plaisir. Aussi, le bateau s’est arrêté une fois pendant le trajet pour nous faire remplir un papier pas prévu et nous faire payer 40 baths… très certainement une corruption car nous avons refusé et nous avons continué…
Après notre passage à l’immigration en Birmanie nous nous sommes renseigné sur la zone restreinte toujours existante après la frontière (zone interdite aux touristes) pour savoir si nous pouvons quand même la traverser à vélo ou au moins une partie. Plusieurs personnes nous ont affirmé que l’on ne pourra pas faire plus de 40 km sans se faire arrêter par les militaires. On décide d’être sage sur ce coup-là et de prendre un bus pour faire les 400 km interdit…
« Pourquoi c’est interdit ? Parce que c’est dangereux tiens ! » Pfff… j’ai l’impression que cette excuse est internationale ! Quinze heures interminables de bus pour rejoindre « Myeik », nous ont permis d’observer même de nuit des familles entière travailler sur les routes en construction dans des conditions déplorables et quand je dis « entière » je veux surtout souligner le fait que les enfants travaillent aussi. C’est très certainement pour cette raison que la zone est interdite aux touristes. Pendant le trajet, on avait déjà l’impression d’avoir fait une erreur en venant dans cette partie du pays….

Parfois le chauffeur commençait à s’endormir, heureusement qu’il avait son copilote pour lui indiquer le chemin et le maintenir éveillé…  cerise sur la cerise ! Nous avons crevé ! Deux pneus à changer au milieu de la route en pleine nuit avec une roue de secours aussi crevée et bouchée avec un bout de chiffon… tout va bien !

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Cette crevaison nous a permis de dormir tranquille sans vibration. Le bus a redémarré une heure plus tard, nous ne savons pas exactement comment ils ont fait pour régler le problème mais aucune importance nous voulons arriver !
Nous arrivons à la ville épuisée de ce voyage inhabituel et nous sommes obligés de réserver une nuit dans un hôtel pour touristes : 10 dollars la nuit par personne… « Décidément nous faisons une journée spéciale « touriste standard ! »

ok (177)Dans l’hôtel, après une bonne sièste pour récuperer, nous avons regardé un film. Ci-dessus les traces de transpiration que nous avons laissé sur le lit…

vlcsnap-2016-03-05-17h06m36s739La chose dont nous sommes sur c’est que le camping est interdit dans ce pays et ça ne nous réjouit pas trop quand nous lisons certains articles de voyageurs à vélo qui se sont fait expulsé par des militaires pour les obliger à dormir dans un hôtel.

Notre premier campement dans un champ d’arbres à caoutchouc : « Alors la ! Si quelqu’un nous trouve dans la nuit je ne comprends pas… »

Le Sud de la Birmanie à vélo

Bon, il se trouve que c’est la nuit qu’ils viennent gratter une partie de chaque arbre pour que la sève coule et la récupérer le lendemain ! Du coup nous avons été réveillé dans la nuit par des locaux mais à notre grande surprise ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de problème pour dormir dans ce champ…

Paroles des locaux : « Sorry sorry ! Thank you ! » euh… ouais disons que c’est à nous de vous remercier, étrange mais au moins ce n’est pas des militaires ! Sauvé !

Deuxième campement (dans un petit bois perdu sans maison autour !) : « C’est sur qu’il y a personne qui va nous trouver ici ! On est tranquille… »
NOOOOOOOON ! En Birmanie s’il y a bien quelque chose à savoir, c’est ça ! : tu ne peux JAMAIS être sur d’être tranquille ! Il y a toujours une personne qui sort de nulle part ! C’est une vraie fourmilière ce pays… c’est incroyable et parfois très frustrant !
Nous avons passé 23 nuits dans ce pays dont 5 sans que personne ne nous voit et une ou nous nous sommes fait expulser. On a voulu camper à quelques kilomètres d’un lieu touristique, plusieurs locaux nous ont vus et ont averti la « tourist police » qui nous a fait croire que l’on pouvait dormir dans un de leurs bureaux gratuitement. Nous avons fait 8 km dans la nuit pour rejoindre le poste de police, arrivé à celui-ci, ils ont tous rigolé quand nous leur avons dit que l’on voulait dormir dans un bureau… c’était trop beau pour être vrai !
Il y avait un hôtel à côté où ils nous proposaient de dormir… « le prix ? Dix dollars par personne. Pourquoi ne pas simplement poser la tente à coté du poste ? Parce que c’est dangereux ! Raaaaaa ! ! ! Rester calme… surtout rester calme ! »
Après moult négociation un policier nous a trouvé un endroit normalement interdit aux touristes mais ils ont fait une exception, nous avons quand même payé 10 dollars à trois. C’était vraiment l’ultime solution : petite pièce avec juste de quoi mettre les vélos et dormir nous trois aligné, les nombreux trous laissaient évidement passer les moustiques, nous n’avons pas la place pour mettre la tente, nous avons donc passé une bonne partie avec ce « bziiiiiiiiiiiiiii » insupportable qui passait sans arrêt près de nos têtes…

L’aventure continue pour Charles et Valentin qui se lève à 5h du matin pour aller voir le « rocher d’or » à pied… oui parce que c’est interdit d’y aller à vélo et sur ce coup c’était pas du bluff : ils ont marché plus de 3h en se rendant compte que c’était juste impossible à envisager à vélo.
Valentin : « On à jamais vu de pentes comme celles-là […] avec les vélos, on aurait marché la moitié du temps pour monter »

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Arrivée en haut, l’entrée était payante mais ils ont réussi, en insistant, à passer gratuitement. Pour redescendre ils ont décidé de le faire en camion mais c’est aussi payant, de toute manière ils n’avaient pas d’argent sur eux, ils les ont convaincu pour payer à l’arrivée… je vous laisse deviner la suite…
« Ah vous ne devinez pas ? Eh bien ils n’ont pas payé en s’en allant discrètement à l’arrivée » Normal !

« Bon pour le moment je dois vous avouer que si je lisais un article comme celui-ci, ça ne me motiverais pas tellement pour aller en Birmanie et pourtant nous avons hâte de revenir dans ce pays car mise à part l’épisode du bus et l’épisode du rocher d’or, nous gardons de très bons souvenirs ! »

Certes nous avons chaud la journée et nous n’avons plus les plages paradisiaques de la Thaïlande mais ce qui est formidable c’est que dans la soirée il commence à faire frais et parfois froid dans la nuit ! Nous avons remplacé nos « pauses coca » par des « pauses jus de cannes a sucre » ! On ne se lassait jamais de voir la canne être pressée et de voir son delicieux jus couler, c’etait à chaque fois un pur bonheur cette pause sucrée et fraiche !

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Nous avons gardé l’habitude de faire un restaurant tous les midis car les prix sont à peu près les mêmes qu’en Thaïlande. Dans les restaurants Birmans, il y a généralement plusieurs popotes pour choisir la viande que l’on souhaite avec le riz. Ils mettent très souvent des assiettes supplémentaires sur la table : des desserts ou des compléments pour notre riz, c’est à chaque fois très tentant de se servir, au début on s’est plusieurs fois posé la question « Est ce que c’est compris dans le prix ? » la réponse est « non ce n’est JAMAIS gratuit ». Ce qu’on appréciait le plus, c’est l’assiette de verdure et la soupe que l’on retrouvait tous les midis et ça ! C’est compris avec la viande et le riz.

Souvent les gens étaient curieux de voir comment on mangeait car chaque élément à son plat mais nous mélangeons toujours tout dans nos assiettes au début du repas. Ils sont parfois à l’affut pour nous resservir en légume et en soupe. Pour le prix du repas ça varie mais le maximum que l’on payait c’est 1500 kiats par personne (soit un peu plus d’un euro). Seulement deux fois nous avons payé plus pour la simple et bonne raison que nous étions dans une grande ville ou près d’un lieu touristique.

Plus on avançait, moins on regrettait d’être venu dans cette partie du pays, à certains endroits on avait l’impression d’être les premiers touristes à passer et à découvrir leur culture. Nous avons gouté la noix de betel : les birmans raffolent de ça, ils enveloppent ça avec de la feuille de betel.

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Les feuilles sont d’abord badigeonnées avec une sorte de chaux, hydroxyde de calcium, qui sert à libérer le stimulant des feuilles. Ils ajoutent ensuite un peu de tabac fermenté dans de l’alcool de riz, quelques graines de cardamome… ils rajoutent parfois d’autre chose.

Ils mâchent ces paquets à longueur de journée, pour nous 5 minutes ça nous a suffi car ça fait abondamment saliver, ça donne une couleur rouge au crachat et le gout n’est pas fantastique… les Birmans en mâchent surtout parce que c’est un stimulant doux et il paraîtrait que c’est aussi bon pour les problèmes intestinaux.

En revanche, ça reste une drogue comme une autre, la deuxième fois que tu goutes tu apprécies un peu plus puis un jour tu devient addict et ces petits paquets n’ont évidemment pas que du bon…

Nous avons aussi acheté leur habit traditionnel, le longyi : c’est une robe en tissu porté par les femmes et les hommes mais noué de deux façons différentes. C’est quelque chose de très agréable à porter après une bonne journée de vélo avec son short ou son cuissard !

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Sans parler des endroits très vallonnés, la chaleur et le camping interdit, le sud de la Birmanie est vraiment très agréable à traverser, les gens ont un enthousiasme incroyable : des sourires, des rires et parfois des cris ! Au Pérou, quand les gens nous voyaient, on avait toujours le droit à « Gringo ! » qui veut dire « étranger« , ça n’avait rien de méchant mais ça nous a toujours paru bisard cette façon de nous saluer, en Birmanie c’est « Bye bye ! » et on apprécie beaucoup plus.

À long terme la Birmanie va très certainement devenir beaucoup plus touristique comme la Thaïlande, on pourra toujours découvrir leur culture mais ça ne sera pas même chose que ce que nous avons vécu dans les villages reculés avec pour seul accès les petites pistes de terre rouge.

 

Notre vidéo de la Birmanie :

1 comment on “Le Sud de la Birmanie à vélo |Le rocher d’or”

  1. Dimitri Répondre

    Beau parcours, la Birmanie s ouvre… D après mes calculs sur votre itinéraire, on devrait se croiser un jour… Alors a bientôt!

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