L’Amazonie en pirogue, avec les vélos !

Notre expédition en pirogue sur le fleuve Amazone au Pérou n’a pas été facile à mettre en œuvre pour plusieurs raisons. D’abord, qui de nous s’y connait en kayak ou navigation ? Personne !  Qui a déjà fait ce parcours ? Personne ! De plus, en y allant à vélos ? Personne !

Combien coûte une pirogue, est-ce que ça s’achète même ? On ne sait pas… Le fleuve est-il navigable sans moteur ? On ne sait pas… Y-a-t-il des piranhas ou des crocodiles sur cette partie du fleuve ? On ne sait pas !

C’est  vraiment un problème cette région, sachant qu’elle est en zone rouge pour le trafic de drogue.  On a même entendu dire que deux polonais sont morts il y a deux ans, assassinés par des péruviens un peu alcoolisé ! Vraiment ?! Glups !

On y va quand même ! On n’a qu’une vie et comme dirait Jo’ « Après nous, la fin du monde ! ».

Nous avons prévu de quitter l’Amérique du Sud pour rejoindre l’Asie depuis le Pérou, à la capitale Lima en passant par le centre du pays.

Mais après avoir eu beaucoup de retours de cyclotouristes, nous disant que la route pour s’y rendre n’avait aucun intérêt : 600 km de montagne ou tu passes une 10ène de cols, à chaque fois on monte à plus de 4000 mètres d’altitude pour redescendre à 2000. De plus, il fait froid en haut et en bas tu es envahis de moustiques… froid, moustiques, froid, moustiques… 4000, 2000,4000… on a décidé de changer une fois de plus nos plans !

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On ne voulait pas s’embêter à faire cette étape et puis notre visas de 3 mois nous laissait le temps de voir autre chose que de la montagne. Du coup on a regardé les différents itinéraires possibles et on a décidé d’aller au nord-est du pays dans la forêt Amazonienne, pour y faire de la pirogue sur le fleuve,  pour ensuite redescendre vers Lima avec les vélos.

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Le col d’Abra Malaga situé à 44oo mètres d’altitude séparant les montagnes de la jungle tropicale.

 

 

Après une longue descente de plus de 70 km et un changement radical de température et de climat, nous arrivons à « Kiteni ».

 

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Le « Pongo de Manique », un canyon profond qui a été  creusé par l’eau et qui forme une sorte de L.  Les rapides sont tellement dangereux et fort qu’Il est possible de le traverser uniquement à bateau à moteur. Les locaux nous on même raconté que plusieurs bateaux ont fait naufrage.   

 

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Nous décidons de rejoindre la ville d’Atalaya qui sera le point de départ de notre folle aventure en pirogue ! Cependant il n’y pas de route pour y aller, nous prenons donc 3 bateaux à moteur « transport publique », le trajet durera 3 jours.

Une fois à Atalaya, nous trouvons un bateau de 10 mètres pour 700 soles (220 euros) après 4 jours de négociation. On l’achète et allons fêter ça en allant manger du poulet rôti avec des frites ! Aaah ! Le gout de la maison haha ! 4 heures après en venant travailler sur le bateau (y mettre un toit pour le soleil), le revendeur nous dit qu’il n’est plus à nous : le propriétaire a appris que son bateau intéressait des gringos (des touristes blanc) alors le prix est de 1000 soles pour nous. Nous tombons sur le cul… c’est juste hors de question pour nous !! La veille déjà on croyait avoir eu un bateau avant qu’il soit finalement vendu à quelqu’un d’autre.

Nous ne tolérons pas que notre rêve s’éloigne encore. Un marché a été fait… point barre. On décide de partir, on monte sur le bateau et aussitôt le revendeur appelle sa famille pour lui prêter main forte, les enfants montent dans le bateau et le village est spectateur, impossible de partir.

On sent leur regards sur nous, le vendeur nous pousse et la pression monte de façon perceptible, on sent l’adrénaline monter en nous. On prend peur et on ne sait pas ce qu’il pourrait arriver, ici la haine envers les gringos est grande et répandue : plusieurs fois on nous a crié dans la rue « voleur d’organes » – Il semblerait que c’est une idée répandue, que les occidentaux kidnappe des enfants pour leur prendre leurs organes. Depuis la naissance de cette légende urbaine (drôle d’expression pour le village d’Atalaya !) dans les années 80, quasiment aucun touriste ne vient dans cette partie du pays, les gens y croient encore, quand nous arrivons on voit quelques mères appeler leurs enfants pour les faire rentrer ! Jordan part donc chercher le maire pour la médiation tandis que nous restons sur le bateau, il revient finalement avec la police.

Ils comprennent le problème mais n’ont pas l’air d’être d’accord avec nous, plutôt avec le vendeur (qu’ils doivent connaitre) ! Ils nous demandent alors la facture … autant vous dire, qu’au beau milieu de l’Amazonie pour acheter une pirogue d’occasion il n’y a rien, pas de facture juste une poignée de main ! Ça commence mal, Valentin va au poste avec la police et le vendeur pour aller s’expliquer avec le chef, la police n’aime pas l’attention que nous apportons.

«Valentin  – La bas, je répète l’histoire trois fois à trois personnes différentes mais personne n’a l’air de vouloir faire quelque chose … je l’es embête avec mes histoires, puisque je suis un gringo, je n’ai qu’à payer un peu plus et on n’en parle plus me dit on !  »

Après 2 heures, le vrai chef arrive et demande c’est quoi tout ce boucan. Ensuite il me voit, ne s’attendant pas un à touriste il se reboutonne et ferme sa veste rapidement. Il écoute attentivement et se tourne vers le vendeur : « Tu es un homme ou pas ? » lui demande-t-il. Oui répond l’autre. Le chef s’emporte alors et crie «  Si tu es un homme et que tu as serré la main, alors tu ne reviens pas sur ce que tu as dit ! Tu n’as qu’une parole ! Quelle image veux-tu donner du Pérou ? Nos amis viennent ici, découvrir notre culture et tu les emmène à la police ? Tu n’es qu’un minable ! Comment t’appelles-tu ? C’est quoi ton métier ? Tu as un permis ? Je ne veux plus entendre parler de tout ça ! » …

En 2 minutes, tout le monde se tait, il a dit tout ce que l’on pensait et repart dans son bureau. Bref on a gagné mais ce n’est que grâce à cet homme… il fut une providence !

De retour au bateau, on décide de ranger la pirogue autre part, plus en amont du fleuve, les gens nous détestent ici… ce n’est pas sûr.

Première fois que l’on navigue, on ne sait pas diriger la pirogue, tout le monde nous regarde en espérant que l’on ne réussisse pas. Il a plu la veille et le courant est très fort ! On ne peut pas arrêter de pagayer ne serait-ce que 30 secondes, on se retrouverait en dehors du village, loin de tout… En longeant le bord on met presque une heure à faire les 500m qui nous amène en face de notre Guesthouse. Les gens nous demandent quand est-ce que l’on part. Toujours sur nos gardes on répond demain à 9h. Le lendemain à 7h nous ne sommes plus la … la liberté commence !!

 

Après toutes ces histoires nous sommes heureux d’être partis mais nous appréhendons le contact avec les locaux le long du fleuve ! Et LA chose qui nous rassure le moins, c’est que en plus de ça, nous avons rencontré deux polonais qui eux aussi partait sur le fleuve en pédalo mais accompagnés d’un guide.  On s’est reposé la question plus d’une fois à savoir si nous avons bien fait de partir seul.

Mais ce fut une surprisse, les 12  jours passés sur le fleuve ont été riche en rencontres et en paysages !

Nous avons été reçus comme des rois dans le petit village de « San Luis ».  Et oui, le destin a fait que nous sommes arrivés sur leurs terres le jour de la fête du village. Nous avons mangés à la table du chef et de ses conseillers, un moment inoubliable mais un peu gênant tout de même. On est arrivé comme un cheveu sur la soupe,  et l’on se retrouve à manger assis autour de la table et servi avant tout le monde, tandis que les villageois mangeaient debout autour de nous ou rentraient chez eux manger le repas qu’on leur a servi.

OH oh ! Des vrais pirates les gars ! …nan nan, simplement deux hommes à la rame qui viennent nous offrir une pastèque au beau milieu  du fleuve. Mesurant plus de 500 mètres de large dans cette région, nous apprécions leur geste.

 

Un soir, après avoir traversé plusieurs fois le fleuve de gauche à droite pour chercher un endroit où dormir, c’est dans un regroupement d’une 10ene de maisons que nous décidons de nous arrêter, un homme accepte de nous accueillir. Au petit matin, nous avons  droit au petit déjeuner, poisson fraichement pêché avec une sorte de mini lance,  accompagné d’un jus de banane plantain. Il nous emmène en bateaux visiter sont champs d’avocats, il nous dit que si nous avons de la chance on pourrait voir des singes ! Pas vu… ça sera pour une autre fois…  Nous repartons de chez lui avec un sac à patate remplis d’avocats, et plusieurs bananes plantains. Vive la pirogue ! Aucune différence de poids par rapport au vélo hihi !

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Partis avec une autonomie alimentaire de 15 jours, nous avions comme objectif de rejoindre « Pucallpa » situé à plus de 500 kilomètres de notre point de départ. On n’avait aucune idée de la distance que l’on pouvait parcourir par jour. Avec notre pauvre carte routière et sans GPS, tous les jours on essayait tant bien que mal de savoir où est que l’on pouvait bien être !

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On s’orientait seulement avec le nombre de serpentin que l’on faisait par jour ! Mais pas une seule fois nous avons réussi à savoir l’endroit exact  où l’on était. Ce fut donc une surprise d’arriver à Pucallpa le douzième jour. Nous revendons notre pirogue pour 400 soles et reprenons nos montures… direction la Cordillère des Andes que nous allons traverser, une fois de plus, pour rejoindre Lima.Pirogue a velo, voyageurs vagabonds, amazonie perou, pirogue amazonie

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